21.10.2015

Consensus ou compromis ? Résolution des conflits.

Dans l’exercice périlleux qui consiste à essayer de modéliser les différentes alternatives de résolution de conflit, beaucoup s’y sont essayés, de nombreux ont construits des processus explicatifs intelligents, d’autres encore nous ont fabriqués des usines à gaz. Me concernant et à la lumière de ma modeste expérience, je vous livre ci-après un modèle qui me sert dans cette analyse des différentes postures destinées à résoudre les conflits.

Tout d’abord je scinde les réactions en deux catégories distinctes :

Premièrement les réactions et postures en découlant de notre animalité

Il s’agit là des réactions primaires dictées le plus souvent par ce qui nous reste de Neandertal basées sur le ressenti quasi génétique de l’analyse physique de la situation : suis-je plus ou moins fort que l’autre ? Est-ce que je cours plus ou moins vite que l’autre ? Cela donne les postures suivantes et sans intérêt :

La Fuite
Rien n’est résolu et les causes du conflit se reproduiront sans doute, les deux parties sont perdantes car n’ayant pas eu l’occasion de « vire » le conflit qui pourtant est déclaré. Au menu : Frustration et lâcheté. (perdant-perdant)

L’affrontement
Tout d’abord faut-il être certain de sa force et nombre d’exemples prouvent que cette certitude apriori n’est pas prouvée sur le terrain. N’en n’ayons pour preuve que les sentences prud’homales dans le monde du travail alors que le camp demandeur est souvent sûr de son « bon droit ». Le résultat est  toujours le même : un gagnant et un perdant, cela alimente les postures suivantes de revanche. (perdant-gagnant)

Le renoncement (l’abandon)
Reconnaitre que lors du conflit l’autre à raison ou tout du moins qu’il est moins potentiellement dommageable d’abandonner que de continuer ou de se mettre en position d’affrontement.  Cela cause des lésions quasi irréparables à l’estime de soi et en ses capacités futures. (gagnant-perdant)

Le recours arbitral
Pour tous ceux qui se sentant dépassé par le conflit préfèrent s’en remettre à un tiers (un hiérarchique) et d’avance acceptent par soumission la sentence quel qu’elle soit. Le risque est bien entendu de ne pas avoir le jugement espéré et l’autre partie de devoir s’y soumettre aussi. (perdant-perdant)

Deuxièmement les réactions découlant de notre rationalité

Il s’agit là des réactions ou postures  dictées par la reconnaissance apriori que le conflit est un événement normal qui peut devenir la source d’un autre type de relation avec l’autre. Nous partons donc dans ces cas de la reconnaissance de l’altérité et que le débat peut aboutir à une solution. Beaucoup le prône, beaucoup disent être dans cette posture initiale cependant ont-ils fait l’analyse suivante :

Trouvons un compromis
Certains appellent cela aussi couper la poire en deux ou faire un pas l’un vers l’autre. Tout cela est tentant et plein de bonnes intentions cependant un grave danger se cache derrière cette posture. En effet si l’on arrive bien souvent à une solution acceptée par les deux parties à l’issue des rencontres crées par la volonté de mettre fin au conflit (qui peut n’être que d’intérêt simple par exemple le prix débattu entre le vendeur et l’acheteur) il n’en n’est pas moins vrai que la seule résultante est qu’aucune des parties n’aura obtenu ce qu’elle désirait. En fait le compromis est une forme policée du marchandage vulgaire lui-même ayant remplacé l’affrontement animal (ah ! évolution quand tu nous tiens). On peut même affirmer que cette méthode de résolution de conflit est la plus génératrice de volonté de revanche, chaque partie essayant de rattraper ce qu’elle n’a pas pu obtenir à l’issu du compromis lors d’une prochaine confrontation (conflit) et ce y compris dans des domaines différents. Là encore perdant-perdant !

Le consensus
A ne pas confondre avec le compromis (bien que les usages de ces mots soient souvent bien imparfaits) ! Il s’agit dans ce cas de la co-construction d’une solution développée par les parties en présence et ou tout renoncement potentiel sur un point fera l’objet d’une compensation imaginée et donc valorisée par celui qui accepte de reculer sur un point. La difficulté de ce mode de fonctionnement réside particulièrement sur le manque par les parties de la connaissance qu’elles ont de ce qu’elles veulent indépendamment de ce qu’elles désirent de l’autre. C’est d’ailleurs la base de nos enseignements en cours et séminaires de négociation, un autre mot pour le consensus ! enfin une façon de faire gagnant-gagnant.

Un petit clin d’œil avant la fin de ce post : Et si avant que le conflit n’éclate nous mettions en place ce qui ferait que ce ne soit pas un passage obligé de la relation à l’autre ? Je vous incite à nous consulter pour la mise en place de la médiation préventive !

Les médiateurs

Femmes et hommes de différents horizons partageant des valeurs éthiques communes. Ils se présentent.

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Améliorer et restaurer les relations interpersonnelles au sein de l’entreprise en préventif ou curatif.

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Créé comme un « think tank » opérationnel aux expertises pluridisciplinaires, œuvrant dans la recherche, la transmission, le conseil et l’accompagnement dans les relations humaines au sein de l’entreprise.